LES ENFANTS S’ENNUIENT LE DIMANCHE – Jean Stafford

Les éditions do ont eu la très bonne idée de traduire huit nouvelles tirées du recueil «The Collected Stories of Jean Stafford» paru en 1969. Celui-ci fait partie des rares recueils à avoir reçu le prix Pulitzer (1970).

Jean Stafford est une auteure américaine née en 1915 en Californie, et décédée en 1979. Elle a énormément écrit pour le New Yorker.

Les nouvelles sont un genre que je lis peu mais que j’apprécie beaucoup. Intriguée par l’écriture de cette femme née il y a plus d’un siècle, ainsi que par une Maison d’édition que je ne connaissais pas, j’ai eu très envie de lire «Les enfants s’ennuient le dimanche», joli titre emprunté à la chanson de Charles Trenet.

D’un style plutôt classique, les nouvelles de Jean Stafford n’ont pas pris une ride, certaines sont même d’une surprenante modernité! Les préoccupations de femmes à différentes périodes de leur vie sont le thème central de la plupart des textes. 

La justesse et la maîtrise du style de l’auteure sont impressionnantes. Jean Stafford réussit à décrire des caractères ou des situations emblématiques avec très peu de mots. Le ton bien souvent ironique n’a pas été pour me déplaire.

Un pur et délicieux plaisir de lecture!

Coup d’oeil sur les huit nouvelles…

LE COFFRE AUX ESPÉRANCES – Miss Bellamy, une bourgeoise de quatre-vingt-deux ans se réveille le matin de Noël. Exaspérée par une guirlande accrochée près de son lit, elle attend sa domestique qui ne vient pas.

LE TRAÎNEAU – A partir de l’observation du traîneau enneigé qui se trouve dans sa cour, May revient sur sa vie de couple et ses rêves déchus.

«Ils s’enfermaient dans un silence hostile ou se lançaient dans de grossiers reproches parce qu’ils essayaient, impulsivement, de déterrer cet amour et n’y parvenaient pas,-ils ne pouvaient que le meurtrir encore plus, dans sa tombe négligée.»

LE JOUR LE PLUS BEAU – Une belle journée d’été dans le Colorado en compagnie d’une jeune fille de bonne famille et de ses amis. On croit d’abord au récit d’une histoire d’amour très fleur bleue, mais que nenni… le texte prend des allures de polar. Ma préférée du recueil.

«En sa présence, j’étais heureuse, simplement, naturellement; je ne m’interrogeais que quand nous étions séparés.»

LE CHÂTEAU INTÉRIEUR  Nous suivons les pensées de Pansy Vanneman qui s’apprête à se faire opérer du nez suite à un accident. Angoissée, elle doit supporter les paroles du Dr. Nicholas.

AU ZOO – En visite au zoo de Denver, Daisy et sa soeur se souviennent de leur enfance dans la pension de Mrs Placer et du chiot que Mr. Murphy, un alcoolique et gérant d’une petite ménagerie, leur avait offert. Les méthodes d’éducation de Mrs Placer ont laissé des traces indélébiles. 

LES ENFANTS S’ENNUIENT LE DIMANCHE – Emma panique lorsqu’elle tombe sur une vieille connaissance alors qu’elle visite le Metropolitan Museum. Au fil des pages, nous en apprenons plus.

J’AIME QUELQU’UN – La narratrice mélancolique se retrouve seule chez elle après le départ de ses amies. L’après-midi, elles ont assisté à l’enterrement de leur amie Marigold qui s’est suicidée.

«Mes amies et moi, nous avons organisé ma vie avec un goût parfait. La table du banquet est mise avec une grande élégance; il y manque simplement quelque chose à manger.»

LA FIN D’UNE CARRIÈRE – Angelica «la plus belle femme de l’univers», mal assortie à son époux, ne supporte pas que sa beauté se fane. 

Editions do, 2019, 208 pages,
un choix de huit nouvelles issues du recueil paru en 1969 sous le titre original « The Collected Stories of Jean Stafford », traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Véronique Béghain et Jean-Gérard Chauffeteau.

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