COMMENT SUPPORTER SA LIBERTÉ – Chantal Thomas

Voilà des lignes enrichissantes!

L’incipit annonce la couleur «Parmi l’énumération nombreuse des droits de l’homme que la sagesse du XIXe siècle recommence si souvent et si complaisamment, deux assez importants ont été oubliés, qui sont le droit de se contredire et le droit de s’en aller.» Baudelaire, L’Art romantique

Par ce court mais riche essai philosophique, Chantal Thomas propose une réflexion sur l’importance du temps libre, de profiter d’un esprit indépendant. Bien sûr, à moins d’être en prison, nous sommes censés disposer de notre quotidien. En théorie. Et même lors d’un emploi du temps sans contrainte, sommes-nous capables de vivre sans les chaînes acquises par éducation ou celles imposées par la société, le couple, la famille? 

«Ces moments pour rien surgissent dans les emplois du temps les plus serrés, les existences les plus occupées. On est ému soudain, pris de vertige, projeté dans un temps d’avant le temps, sur une plage d’éternité.»

Ce texte structuré en plusieurs parties, par exemple les chambres où l’on passe, le voyage, propose une lecture intelligente et dense sur l’importance de prendre goût à la jouissance de certains instants. Des passages sur le pouvoir libérateur de la marche m’ont particulièrement intéressée. Comment le fait de sortir physiquement de chez soi ou de son bureau, de marcher, de supprimer des murs, les élimine également dans notre tête. 

Un essai philosophique, oui, mais le ton délicieux et le style sublime de Chantal Thomas rendent ces pages passionnantes. 

«C’est la fable célèbre du philosophe qui tombe dans un trou parce qu’il a le regard tourné vers les étoiles. Mais doit-on vraiment faire un choix entre le haut et le bas, l’abstrait et le concret, l’esprit et le corps, la philosophie et le monde?»

Éditions Rivages poche, collection Petite Bibliothèque,  2000, 160 pages

6 Comments

  • Electra

    J’aime beaucoup la marche, et j’adore promener mon chien – on l’a vu avec le confinement, les gens deviennent fous s’ils sont enfermés ..
    du coup, ce livre ne me tente pas car je pense déjà partager cette réflexion mais oui, je confirme, il faut sortir.

    • meellaa

      Les bienfaits de la marche n’occupent qu’un passage du texte. Je marche aussi beaucoup, mais cela ne m’a pas empêchée de me passionner pour cet essai très riche! Donc que cela ne t’arrête pas, la marche est une parenthèse parmi d’autres.

  • Marie-Claude

    Lu il y a quelques années, à une époque où je courrais après ma queue. Un petit bouquet qui fleurait bon, ce petit bouquin.
    Depuis, j’apprends à dire non aux obligations non obligatoires, je brasse la cage à mes habitudes et… je me suis achetée un chien pour aller marcher (!).
    Bref, un petit bouquin précieux!

    • meellaa

      J’adore tes expressions 😄 courir après sa queue, c’est carrément ça!
      Bon il semble que ce n’est plus le cas heureusement, et tu as bien raison!

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