BORGO VECCHIO – Giosuè Calaciura

Nous voici enveloppés par la chaleur du soleil de Sicile dans le Borgo Vecchio, quartier pauvre de Palerme. Ici, vivent des êtres sans horizon sinon celui de la mer et du jour suivant. 

Chaque soir, les hurlements du jeune Cristofaro annoncent l’arrivée de la nuit sous les coups distribués par son père, ravagé par l’alcool. Les volets se ferment, tout le monde sait mais personne ne veut entendre. Seul Mimmo ne peut accepter ce qu’endure son meilleur ami, révolté il va tenter de lui venir en aide. Mais en attendant, chaque soir, il reste des heures à observer Celeste. Enfermée sur son balcon elle attend que Carmela sa mère prostituée termine son travail à l’intérieur du logement.  

Giovanni margoulin de première et père de Mimmo, a trafiqué sa balance et arnaque tous les habitants du quartier avec le poids de sa mortadelle. Petits larcins, vols, escroqueries, chacun tente de survivre à la misère comme il peut. 

Mais l’idole de Cristofaro et Mimmo se nomme Totò, le voleur le plus célèbre du Borgo Vecchio, impossible à attraper. Son pistolet légendaire pourrait peut-être sauver Cristofaro de la brutalité paternelle. 

On a tellement envie d’y croire que seule la plume si tendre et sensuelle de l’auteur italien Giosuè Calaciura peut nous consoler du tragique épilogue.

Sous les allures de conte moderne, ce texte très court surprend pourtant par sa densité, il contient tout ce que l’être humain a de meilleur et de plus mauvais en même temps. 

C’est dur, mais c’est sublime. Lire Calciura est une expérience unique.

«Alors elle lisait et apprenait ses leçons, parce qu’elle n’avait pas d’autre issue pour s’évader du balcon.»

Le Tram de Noël m’avait déjà enchantée.

Folio, 2021, 160 pages (Éditions Noir sur Blanc en 2019), paru en 2017 sous le titre original «Borgo Vecchio», traduit de l’italien par Lise Chapuis.

9 Comments

  • Electra

    je ne connais pas, c’est sombre ! et pourtant, je le note
    sinon rien à voir, mais tu organises un challenge Erdrich ? je ne vois aucun billet sur ton blog .. ou le Caribou a pété un bois ? LOL

    • meellaa

      L’histoire n’a rien d’un conte de fées, mais l’écriture illumine tout. Le moral ne tombe pas dans les chaussettes. J’en garde beaucoup de douceur.
      Non, non pas d’inquiétude Marie-Claude n’a pas rêvé 😅 un mois autour de Louise Erdrich en novembre… encore du pain sur la planche! Tu es bien sûr la bienvenue si ça te dit 🤗

  • Passage à l'Est!

    Moi, c’est l’inverse de Marie-Claude, la littérature italienne me tente beaucoup (notamment parce qu’elle me semble assez ancrée dans son territoire, comme ici avec la Sicile) et ce livre-ci me tente également malgré le sujet visiblement très sombre.

    • meellaa

      Mais l’écriture est si douce…
      J’avais lu Le Tram de Noël durant la période des Fêtes et je te le conseille. La version original en français est illustrée.

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