3 en 1 – DENALI, ROSE ROYAL, CE MATIN-LÀ

Un mois de juillet propice à la lecture dans le hamac cela donne beaucoup de chroniques à rédiger. Voici un panorama des quelques livres lus durant cet été…

 

DENALI – Patrice Gain ◊ Première incursion dans l’oeuvre de cet auteur français et je n’ai pas été déçue.

Matt, jeune garçon et narrateur, vit chez sa grand-mère dans un ranch du Montana. Suite au décès de son père durant l’ascension du Mont Denali, sa mère a été internée et son frère aîné Jack file du mauvais coton quelque part ailleurs. Lorsque sa grand-mère meurt, Matt, se retrouve livré à lui-même dans le ranch. 

Seul face à la rudesse du milieu, il découvre que les hommes alentour ne sont pas tous commodes. Un voisinage sans foi ni loi désire s’approprier le ranch. La vie de Matt va définitivement tourner au cauchemar au moment où son frère Jack, junkie incontrôlable, réapparaît dans les plaines du Montana. 

Mais Matt n’aura de cesse de rechercher ses racines et les traces de son père.

«- Je ne sais pas si toutes les vérités sont bonnes à dire, Matt, mais je sais qu’elles encombrent le plus souvent l’esprit de celui qui les détient comme de celui qui les cherche.»

Patrice Gain embarque son lecteur dans une aventure noire et haletante du Montana à Seattle en passant par l’Alaska. Toute une galerie de personnages très incarnés habitent ce roman. Les descriptions de la nature grandiose, très réussies, apportent un peu de lumière à la lecture.

«Dehors le silence de la nuit. Pas une absence de son. La nuit est agitée, bruyante et silencieuse à la fois.»

Le style de Patrice Gain pourrait facilement être confondu avec celui d’un auteur américain.

Un roman impossible à lâcher!

Éditions Le Livre de Poche, février 2021, 288 pages, paru en 2017 aux Éditions Le Mot et le reste

 

ROSE ROYAL, suivi de La Retraite du juge Wagner – Nicolas Mathieu ◊ Deux novella dont j’ai beaucoup aimé le style narratif très franc. Deux histoires noires complètement différentes par leur sujet. Le personnage de Rose marque par sa justesse.

Chaque soir, cette quinquagénaire se rend au Royal, un bar d’habitués, pour occuper sa solitude. Rose n’a pas été épargnée par l’existence.

«Mais dans la vie, il y a finalement peu d’événements. Rose avait l’impression que beaucoup de choix s’étaient accomplis d’eux-mêmes, presque malgré elle. La logique du jour le jour avait fait son oeuvre et chaque changement s’était réalisé par acquiescement, fatigue ou politesse. Tout bien considéré, cette loi de l’inertie, de la pente, suffisait à expliquer presque tout.»

L’amour, Rose, elle a donné. Mais l’étau va se refermer sur elle après sa rencontre avec Luc.

«Autrefois, Luc lui faisait peur. Il lui faisait mal. Maintenant, c’était pire. Il lui faisait sentir qu’elle ne tenait qu’à un fil. Sa dépendance était telle, elle se trouvait si loin dans la servitude désormais, qu’un mot lui suffisait pour la renvoyer au néant.»

Une chose est certaine, Nicolas Mathieu, lauréat du prix Goncourt 2018, excelle dans l’art de la nouvelle.

Éditions Acte Sud, collection Babel (poche), mai 2021, 144 pages (Rose Royal, éditions In8, 2019)

 

CE MATIN-LÀ – Gaëlle Josse ◊ Ce roman aborde le thème du burn-out, plus particulièrement celui d’une jeune femme. Malheureusement, si son style ne m’est pas désagréable, je dois admettre après plusieurs romans lus de cette auteure, qu’il me manque toujours un petit quelque chose pour que j’adhère au récit. Une affaire toute personnelle donc, mais un flop tout de même.

Les Éditions Noir sur Blanc, janvier 2021, 224 pages

 

 

J’ai également hâte de vous parler des autres livres dont la compagnie m’a été salvatrice durant ce mois de juillet, parmi ceux-ci un coup de coeur ! Les chroniques suivront.

 

 

Et vous? De bonnes lectures par chez vous?

11 Comments

  • Ingannmic

    Je suis curieuse de ton avis sur le Patchett (serait-ce ton coup de coeur ?!) que j’ai lu récemment… et sinon je note “Denali”, c’est le 2e article très tentateur que je lis à son sujet.

    Juillet a été un mois littérairement assez varié, il me reste à chroniquer un pavé, une déception, et une jolie découverte… !

    • meellaa

      Ah je ne vais pas dévoiler ainsi mon coup de coeur 😉 mais je peux te dire que j’ai beaucoup beaucoup aimé Commonwealth!
      Et Denali m’a surprise en bien.
      Je vais suivre tes prochaines chroniques avec intérêt. D’ailleurs si tu as lu le Patchett récemment, j’irai lire ta chronique, mais après avoir écrit la mienne…tu as aimé? En as-tu lu d’autres de cette auteure?

    • meellaa

      merci!
      Ah décidément, nous aurions toutes pu faire une lecture commune! J’ai adoré, et toi, tu t’y plais?
      J’ai pensé à toi justement en débutant Ce matin-là, il me manque quelque chose dans le style. Une longue impatience m’avais plu, puis bof…
      Nomadland est absolument passionnant.

    • Marie-Claude

      Terminé Nomadland? J’ai finalement vu le film. Énorme déception, pas à la hauteur du livre.
      Pour Orange amère: immense coup de coeur. Le problème, c’est l’après. Les livres me tombaient des mains. Je retrouve mon bonheur avec La maison des Hollandais!

    • meellaa

      Oui terminé et beaucoup aimé! J’ai appris tellement de choses…plutôt horrifiantes. Je pensais aller voir le film ensuite, mais vu ce que tu en dis.
      Patchett et moi ce n’est pas terminé, j’y reviendrai. Hâte de lire ton billet à son sujet. Le mien n’est pas encore rédigé. Je piétine sur place entre les lectures empilées, donc les billets à écrire, et les nouvelles lectures. Il me faut de nouvelles vacances 🙂

  • Electra

    Pour Denali, je reste sur ma réserve, ayant habité au Montana – j’ai du mal avec les auteurs français qui situent leurs romans aux uSA (comme Tanguy Viel) j’y retrouve trop souvent des clichés .. mais sinon, tant mieux si tu as adoré !

    j’espère que Commonwealth (Orange amère) te plaira autant qu’à moi ! J’avais aussi adoré son précédent. Moi je suis curieuse pour le Peter Stamm. Et pour Josse, je passe mon tour, je n’ai pas accroché du tout à son précédent et moyennement à l’anté pénultième – du coup, j’arrête là !

    • meellaa

      Je comprends ta réserve, je n’ai jamais habité au Montana, pourtant a priori j’aurais tendance à me tenir à l’écart de ce genre de livres pour la même raison que toi. Mais honnêtement ce roman m’a étonnée en bien, je n’y ai pas trouvé de clichés pour ma part. Je serais curieuse d’avoir ton avis si une fois tu tentes le coup (ou peut-être l’as-tu déjà lu?).
      J’ai adoré Commonwealth, je lirai d’autres Patchett c’est certain et toujours en anglais, j’ai trouvé sont style très accessible.
      Ah Peter Stamm, ça vient, la chronique est prête, une excellente découverte.
      Et comme toi, je ne lirai plu Gaëlle Josse. J’avais beaucoup aimé Une longue impatience, puis bof. Et là, je lisais en travers à la fin. Dommage.

  • Kathel

    Je partage totalement ces trois avis : j’ai beaucoup aimé Denali et été complètement emballée par Rose Royal (c’est ma toute dernière lecture, pas encore chroniquée). Par contre, jen ‘ai pas relu Gaëlle Josse après avoir été déçue par Le dernier gardien d’Ellis Island.

    • meellaa

      Nos avis se rejoignent! J’avoue que Rose Royal m’a beaucoup plus passionnée que Les enfants après eux…cette nouvelle, une merveille. Avais-tu lu le Goncourt?
      Je ne lirai plus Gaëlle Josse non plus. Son style n’est simplement pas à mon goût.

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